J’ai diverses frustrations qui m’habitent. Mineures, mais somme toute dérangeantes. Alors avec les vacances qui approchent, je veux faire table rase en évacuant ces mauvaises pensées de mon esprit.

Tout d’abord. Il y a maintenant un an que je me retiens. Je n’en peux plus. Alors je le dis : Je déteste l’expression «Printemps érable». Je la trouve insultante pour les peuples arabes qui, depuis 2010, envahissent les rues en quête de justice, de démocratie et de liberté. Je comprends le jeu de mots, mais les analystes, chroniqueurs, journalistes et autres intervenants auraient dû faire preuve de plus de retenue dans son utilisation. Les enjeux auxquels étaient confrontés les étudiants n’arrivaient pas à la hauteur du petit orteil de ceux que doivent affronter chaque jour des millions de Tunisiens, Égyptiens, Syriens, Libyens, etc. Et les manifestations monstres se poursuivent en Égypte avec un coup d’État qui a chassé le président Morsi du pouvoir. Je pose alors la question : peut-on, en toute logique, associer le mouvement étudiant à cette révolution arabe? Poser la question c’est y répondre. Il était maladroit, selon moi, d’associer les deux événements et le temps me donne raison.

Je déplore aussi les effets pervers de l’hyper médiatisation des audiences de la Commission Charbonneau. Ce genre d’exercice est utile, l’histoire nous le démontre. Mais il est aussi dangereux. Qui dit vrai? Qui tente de sauver sa peau?

On a crucifié l’ex-maire Tremblay sur de simples allégations faites par le témoin Martin Dumont, témoignage qui a d’ailleurs été fortement mis en doute par la suite. Mais le mal était fait.

Lisa Frulla a démissionné du Club des ex parce que son conjoint a été impliqué dans une supposée affaire de fausses factures. Le principal intéressé réfute les allégations. On nage en plein mystère donc. Mais le mal était fait.

Ensuite, c’est au tour de Guy Chevrette de devoir répondre à certains propos formulés à son endroit par Gilles Cloutier qui avoue, quelques jours plus tard, avoir menti sur un aspect de son témoignage par orgueil. Mais le mal était fait.

Alors la question qui me vient : Pourquoi ne pas privilégier le huis clos?

L’important est de faire la lumière sur ce qui se passe dans le milieu de la construction, pas de faire un spectacle. Et ne vous méprenez pas. Je suis fidèle au poste pour écouter les travaux de la commission. Mais je constate qu’il y a un glissement de la présomption d’innocence qui peut, à la longue, devenir très dommageable.

Enfin, plus léger cette fois : les vox pop dans les médias! Comme dirait un de mes amis : «PU CAPABLE».

Marcel Qui? Justement, Marcel Qui?

Les gens dans les vox pop n’ont, pour la plupart, pas ou peu d’opinions. Et même s’ils en avaient, je n’ai pas besoin de la connaître.

Pourquoi ne pas plutôt interviewer des experts de tel secteur pour que je puisse me faire ma propre idée sur un enjeu, plutôt que de me rapporter les propos de la personne-qui-passait-par-là. J’ai l’impression qu’on nivelle par le bas, qu’on tombe dans la facilité. Je sais que ça va vite dans le monde des médias et que les réseaux en continu amènent beaucoup de pression sur le dos des journalistes. Mais de grâce, informez-nous! On saura trouver d’autres avenues pour nous divertir.

Et, cerise sur le sundae : si vous pouviez arrêter de lire en ondes les tweets d’auditeurs, je serais aux anges!

Eh bien… Je me sens déjà mieux. Faites l’exercice vous aussi. Et surtout, bonnes vacances.