Voilà, Philippe Couillard a les pieds bien ancrés dans les blocs de départs. Sa course sera celle de la réingénierie de l’État. Il n’est cependant pas le premier à y mettre les pieds. Jean Charest a fait de même en 2003, mais la course n’a jamais eu lieu. Monsieur Charest misait alors sur la réingénierie pour accroître l’efficacité et la capacité de rendement de l’État. Il avait dû céder devant l’opposition massive que son projet avait suscitée.

Foi de Philippe Couillard, cette fois-ci, c’est la bonne! Monsieur Couillard et plusieurs des élus qui l’accompagne à la table du Conseil des ministres y étaient en 2003. Et parions qu’ils ont pris des notes sur la façon de mener à bien un tel projet. Mais force est d’admettre que la population semble plus préoccupé par l’état de nos finances publiques qu’elle ne l’était il y a 10 ans.

Peut-être est-il trop tôt, mais malgré le budget austère présenté en juin dernier, malgré la commission de révision permanente des programmes, qui aura droit de vie ou de mort sur presque tous les programmes des ministères et organismes, malgré les rumeurs de coupures à l’éducation, à l’assurance parentale, dans le réseau de la santé et j’en passe, la grogne ne s’est pas encore soulevée. Mais attendons…

En fait, c’est faux! La grogne s’est quelque peu soulevée et elle est venue des employés et syndicats municipaux, avec le projet de Loi 3 qui vise à assurer la pérennité des leurs régimes de retraite. Ils tiennent à tous prix à sauvegarder leurs acquis alors que les partisans du projet de loi soutiennent plutôt qu’ils n’ont plus les moyens de soutenir de tels régimes de retraite.

Et c’est là que la position de Philippe Couillard dans les blocs de départ prend toute son importance. Il a mentionné récemment qu’il n’avait pas l’intention de reculer sur les objectifs et les principes fondamentaux du projet de loi. Il doit bien s’ancrer les pieds, car ce projet de loi constitue le point de départ de son projet de « réingénierie » de l’État. Et c’est la qualité du départ que connaitra Monsieur Couillard avec son projet de Loi 3 qui déterminera l’issue finale de sa course.