Faire volte-face, changer d’avis, se rétracter … Il y a juste les fous qui ne changent pas d’idée, n’est-ce pas? Il n’y a donc pas de quoi en faire un plat. Sauf lorsque certaines de nos paroles, nos actes et nos décisions ont des répercussions publiques, surtout lorsqu’elles sont dites et faites au nom d’une organisation ou d’une entreprise. Ces derniers temps, quelques cas ont fait figure d’exemples dans les médias québécois et canadiens, que l’on pense au changement de nom de Radio-Canada pour ICI ou à la décision de la Fédération de soccer du Québec (FSQ) d’interdire le port du turban sur ses terrains.

Résumons les faits

Radio-Canada annonce qu’elle devient dorénavant ICI, regroupant ses marques sous ce dénominateur. Devant la grogne populaire, on corrige le tir quelques jours plus tard en annonçant que le nom du diffuseur public sera conservé pour ses plateformes télé, radio et web.

Le conseil d’administration de la FSQ, qui avait maintenu sa décision d’interdire le port du turban, a finalement annoncé quelques jours plus tard qu’elle suivra la décision de la FIFA de permettre le port du turban sur les terrains de soccer.

Est-ce payant de se rétracter en relations publiques?

Cela dépend des situations. Aucune équation ne permet à ce jour de calculer le prix à payer, autrement dit de connaître à l’avance avec exactitude l’opinion publique. Or, il y a des signes qui ne trompent pas. Quand, suite à une annonce, les chroniqueurs commentent de façon négative et réagissent de bien mauvaise façon à la décision prise, il y de fortes chances que vous sentiez que quelque chose cloche.

Pourquoi ne pas avoir pris le temps de tenter d’évaluer le poids et les conséquences de cette décision avant de la rendre publique? Telle est la question…

Une des erreurs à éviter serait de sous-estimer le pouvoir des médias et de l’opinion publique[1]. En mésestimant l’opinion publique, on ne considère pas à sa juste valeur ni à sa juste importance ce que les autres pensent de nous. Erreur! Outre les chroniqueurs, animateurs et journalistes, tous ont maintenant la possibilité de rendre publique leur opinion personnelle.

Bref, il est pertinent de se demander si, outre le fait de se rallier à l’opinion publique et de changer d’idée, on se souviendra de ce qui y a mené.

De quoi se souvient-on : de la plus récente affirmation ou de la controverse qui a mené à ce changement de position? Est-ce que le capital de sympathie envers une personne ou une organisation en paie le prix? Je crois que oui, malgré le fait que la mémoire est une faculté qui oublie!

Sources :

http://blogues.lapresse.ca/therrien/2013/06/10/ici-radio-canada-rajuste-le-tir/

http://www.rcinet.ca/fr/2013/06/10/ce-sera-ici-radio-canada/

http://www.radio-canada.ca/sports/soccer/2013/06/15/001-soccer-turban-quebec.shtml


[1] Bernard Dagenais, professeur au Département d’information et de communication de l’Université Laval:  http://www.lesaffaires.com/archives/generale/les-relations-publiques-c-est-aussi-pour-vous/529597