En plein milieu de la nuit, un convoi roule sans conducteur vers une municipalité. Les wagons déraillent et le contenu, du pétrole léger, explose. Une importante partie du village est ravagée par les flammes, et le café-bar de l’endroit, bondé en cette magnifique soirée d’été, est le premier touché par ces boules de feu. D’autres édifices seront détruits.

Comment avez-vous avez réagi quand vous vous êtes levé samedi matin en voyant les images en provenance de Lac-Mégantic? Comment  vous êtes-vous senti en voyant ces gens qui cherchaient leurs proches? En voyant cette personne nous raconter comment elle avait échappé à la mort?

Vous vous êtes senti ému, vous vous êtes senti triste. Vous avez partagé la tristesse et le deuil de ce père de famille en colère d’avoir perdu son garçon. Pourquoi? Parce que nous sommes faits ainsi. Par sentiment de solidarité et parce que nous essayons de nous mettre à leur place et d’imaginer si cela s’était produit chez nous, dans notre quartier, dans notre coin de pays.

Pourquoi Pauline Marois, Christian Paradis, Yves-François Blanchet, Stéphane Bergeron, Réjean Hébert, Stephen Harper n’auraient-ils pas ressenti la même émotion? Parce qu’ils sont des personnages publics? Des politiciens? Sommes-nous rendus au point de croire que nos représentants n’ont pas de sentiments et qu’ils ne posent des gestes que par positionnement politique? Sommes-nous devenus aussi cyniques?

Cette vague d’émotion provenant de Lac Mégantic affecte aussi la classe politique, parce qu’avant tout, ce sont des êtres humains. Nous avons aussi des familles et nous ne sommes pas insensibles.

Si aucun d’entre eux ne s’était présenté sur place on se serait demandé où ils étaient. Maintenant qu’ils y ont été, certains disent qu’ils y vont pour se faire du capital politique?

En plus d’être humains, les ministres et les premiers ministres ont aussi des responsabilités. Leur présence vise à rassurer la population et à démontrer que le gouvernement est solidaire de la population dans ces moments difficiles.

Selon moi, c’était la chose à faire. Mais dans bien des situations, comme le dise les Anglais, damned if you do, damned if you don’t, ou Quoi que tu fasses, tu auras toujours tort.

Photo : The Gazette