En 2013, les chefs d’entreprises se doivent de posséder d’excellentes aptitudes en communication afin de bien gérer leur organisation. Cette affirmation, à la limite, n’a même plus besoin de justification de nos jours.

Si le recrutement des meilleurs talents vous intéresse, communiquez! La communication permet en effet d’engager les meilleurs effectifs disponibles, alors que les jeunes nouvellement arrivés sur le marché du travail sont à la recherche non seulement d’un employeur, mais également d’un milieu de travail qui les interpelle. Dans un contexte économique où la pénurie de main-d’œuvre est généralisée, l’importance de bien véhiculer sa culture d’entreprise est donc un outil indispensable pour se démarquer de ses concurrents.

Si la productivité de votre entreprise vous intéresse, communiquez! En informant régulièrement vos employés sur les activités et les opérations de votre entreprise, mais aussi sur les bons coups de certains employés, par exemple, vous créerez un climat social favorable au développement de l’esprit d’équipe, au sentiment d’appartenance et à la motivation personnelle, des caractéristiques essentielles à une plus grande implication de votre employé dans son travail.

Mais alors que dans plusieurs situations, une communication corporative efficace de la direction à ses divers publics, dont ses employés, n’aura pas à passer directement par le président-directeur général lui-même, un canal de communication se soustrait à cette règle : la communication financière. Ainsi, contrairement aux entreprises privées où le chef de la direction peut reléguer la majeure partie des tâches de communication à son département de ressources humaines, le PDG d’une société publique (cotée en bourse) se doit de posséder d’importantes aptitudes en communication afin de mettre à exécution sa stratégie boursière. Pourquoi? À cause des actionnaires.

Le début des années 2000 n’a pas été très tendre avec les actionnaires. Nortel et Norbourg au Canada, Enron aux États-Unis, toutes des entreprises publiques qui ont connu des scandales financiers dévastateurs et dont la couverture médiatique soutenue a ébranlé la confiance de millions d’actionnaires actifs sur toutes les plateformes boursières mondiales. Dans la foulée d’Enron, les États-Unis adoptent la Loi Sarbanes-Oxley, visant à protéger les investisseurs par des normes impératives de communication plus précises. Les autorités canadiennes, de leur côté, réagissent dans les mois suivants et mettent en place une réforme réglementaire qui viendra renforcer le caractère intègre des données financières devant obligatoirement être communiquées. Ces diverses mesures sont venues confirmer un mouvement qui avait déjà été entamé chez les sociétés publiques : le délaissement du discours stratégique des PDGs d’entreprises cotées en bourse vers une communication financière plus rigoureuse et pointue.

En effet, avec le durcissement de la réglementation financière, mais aussi avec l’avènement de la communication numérique rendant l’information accessible instantanément 24/7, les actionnaires sont devenus plus connectés et donc plus éduqués, et ont développé une soif insatiable d’information. Ensemble, ils ont demandé à en savoir plus que ce qui leur était traditionnellement communiqué afin d’être en mesure de prendre de meilleures décisions et éviter de voir leurs investissements perdre toute valeur, comme ce fut le cas avec Enron. Ainsi, les PDGs se sont éloignés des simples énoncés habituels sur les données trimestrielles, sur les valeurs de l’entreprise et sur les grandes lignes de leur vision, pour se diriger vers un discours beaucoup plus sophistiqué et étoffé, afin de gagner un actionnariat fidèle et valoriser leurs actions.

Bref, les présidents-directeurs généraux ont compris que la croissance de leur entreprise était intimement liée à la confiance que leur accordaient leurs actionnaires, et qu’au final, cette confiance était elle-même amarrée à leurs efforts de communication financière. C’est pourquoi les PDGs d’aujourd’hui se doivent de bien communiquer, autant à l’oral qu’à l’écrit d’ailleurs, et également d’être sensible aux effets de leurs propos sur le comportement de leurs actionnaires afin d’assurer à leur entreprise un avenir pérenne.