En campagne électorale, les différents candidats y vont, tour à tour, de leurs déclarations à l’emporte-pièce afin de dépeindre leurs adversaires comme des mauvais gestionnaires, des personnes faisant fausse route, bref toutes sortes de qualificatifs pour discréditer l’opposant aux yeux de l’électorat.

La plupart du temps, les stratèges politiques identifient quelques boutades ou  phrases-choc afin de qualifier leurs opposants et de les camper dans une image, qui on l’espère, leur collera à la peau tout au long de la campagne. Ce genre de qualificatifs a pour but de faire pâlir l’image souvent lisse et parfaite que les candidats se donnent, sur leurs affiches entre autres.

Pour qu’une déclaration-choc fasse effet, elle doit être forte, imagée, courte et avoir une résonance populaire importante. Elle doit être également sortie au bon moment, devant un public captif : les journalistes aiment toujours s’abreuver d’un bon « clip » bien coloré. Ils le recherchent constamment d’ailleurs.

Beaucoup de politiciens utilisent la métaphore pour appuyer sur un trait de caractère ou grossir un événement. Une stratégie qui, toutefois, peut être à double tranchant.

En 2007, Jean Charest avait traité Mario Dumont de « girouette » afin de démontrer le fait qu’il allait dans tous les sens. La métaphore a suscité tout un débat obligeant le président de l’Assemblée nationale à déclarer ce mot antiparlementaire. Cette déclaration, illustrant à merveille une idée en un seul mot, avait à l’époque servi M. Dumont, lui donnant une visibilité inattendue. Ici, c’est un peu l’arroseur arrosé.

Il arrive en revanche que certaines métaphores, lorsqu’exagérées, soient moins bien perçues. La ligne est mince entre le bon et le mauvais goût dans l’utilisation de ce genre de qualificatifs.

Lors de la présente campagne électorale à Québec, le candidat et chef de Démocratie Québec, David Lemelin, a comparé l’atmosphère régnant sur la Ville de Québec, et créée par le maire sortant Régis Labeaume, à celle de la Corée du Nord. Une image certes forte, mais exagérée et associée à une situation négative (un pays communiste et totalitaire). De plus, l’association d’idées est mal choisie.

Ce genre de déclarations-choc sert peu le débat public, mais connait un écho immédiat dans les médias; elles font partie de la joute politique et sont plus souvent perçues comme dérisoires et risibles. Le défi est de garder un certain dosage et d’éviter de frôler la diffamation. Il est donc important de bien se préparer et de juger en amont de la réception de ce genre de phrase. Il est parfois difficile de peser ses paroles, le feu de l’action inspirant certaines envolées oratoires… pas toujours pertinentes et élégantes.

Quoi qu’il en soit, souhaitons que les nombreux candidats qui se présentent aux différentes élections municipales partout au Québec nous servent des déclarations qui nous fassent plus sourire que grincer des dents.