C’est une affirmation qui est connue du milieu des affaires depuis longtemps : la communication financière a un impact déterminant sur la volatilité des marchés. Un rapport de la Banque du Canada intitulé Central Bank Communication or the Media’s Interpretation : What Moves Markets? (en PDF) et publié en février dernier est venu confirmer la croyance populaire, preuves à l’appui.

Signée par Scott Hendry, directeur du département de recherche, cette étude a examiné l’effet des communications de la Banque du Canada et les commentaires subséquents de l’agence de presse Reuters sur la volatilité des marchés des taux d’intérêt à court terme entre les années 2000 et 2008. Voici quelques-unes des  ses conclusions:

  • Des sujets comme le PIB, le travail et l’investissement ont un effet apaisant sur la volatilité lorsque mentionnés dans les communiqués de la Banque du Canada, alors que d’autres sujets, tels que le prix du pétrole, le dollar canadien, l’inflation et la géopolitique, ont tendance à faire  augmenter la volatilité des marchés de façon significative.
  • Les thèmes abordés dans les articles de Reuters, eux, sont beaucoup plus susceptibles de rendre les marchés nerveux, et ce, peu importe leur nature. Plus précisément, et sans surprise, plus les commentaires de Reuters s’éloignent de l’information originalement publiée au sein des communications de la Banque, plus la volatilité s’accroît.
  • Plusieurs sujets classés comme catalyseurs de volatilité (ex : prix du pétrole) mentionnés dans les communiqués de la Banque émis à une date fixe voient leur influence grandement baisser lorsque repris subséquemment par les analystes et les agences de presse. En effet, les marchés financiers ont déjà digéré la nouvelle une fois la reprise de l’information par une tierce-partie.
  • Alors que les communiqués de presse de la Banque du Canada sur des problématiques macroéconomiques tendent à calmer la volatilité vu le sérieux de cette institution et l’expertise de son analyse, la couverture de Reuters sur les mêmes sujets réussit à faire augmenter l’incertitude.

Bref, les conclusions des banquiers ci-dessus, aussi documentées qu’elles le soient, sont bien connues des conseillers en communication corporative depuis longtemps.  Ainsi, jumeler un thème sensible dans un communiqué de presse avec un autre plus modérateur afin de calmer le jeu et créer par la même occasion un effet de balancier pour ne pas surprendre les marchés est un vieux truc couramment utilisé. De plus, l’on sait que ce n’est pas seulement le thème abordé qui importe, mais aussi le véhicule emprunté, et qu’il faut diffuser une nouvelle tôt afin que tous soient prêts à l’ouverture des marchés. Enfin, la crédibilité de l’émetteur  compte aussi pour beaucoup dans l’appréciation de son influence sur les marchés, cela va sans dire.

Les commentaires d’analystes et des agences de presse amplifient la volatilité des marchés? On le savait déjà. Comment faire pour ne pas se faire prendre au jeu? C’est là où le conseiller en affaires financières gagne en importance.