Les gens qui parlent du fait que les associations étudiantes en grève utilisent mieux les médias sociaux que les institutions font fausse route. En fait, la vérité, c’est qu’ils ne voient pas assez loin (j’imagine que je pourrais insérer une métaphore arbre/forêt ici, mais je vais me retenir).

Ce matin, c’est Vincent Marissal qui critique le gouvernement sur sa piètre utilisation des médias sociaux :

(…) le mot déconnecté (pour décrire le gouvernement) est même inexact puisque le gouvernement ne s’est pas encore branché sur l’ère 2.0, du moins sur Twitter et Facebook, des outils incontournables de nos jours au sein de la population, mais presque totalement absent des milieux du pouvoir à Québec

Hier, c’était Jean-François Lisée :

On dirait que Québec vient de maîtriser l’outil qu’est la télévision. Mais qu’il n’arrive pas à se brancher aux autres plateformes. (…)

Si le gouvernement était entré dans le 21e siècle de la communication en même temps que les étudiants, il aurait inondé Facebook et Twitter de messages courts, clairs et concis. Il aurait mis en ligne une brève vidéo explicative. Il a préféré… acheter des pages de pub dans les grands quotidiens!

En fait, messieurs Marissal et Lisée ont, partiellement, raison. Facebook, Twitter, YouTube sont importants. Mais ce ne sont que des outils.

Ils nous servent à nous organiser différemment. Et c’est ça l’important.

Nous n’avons plus besoin des institutions, des gouvernements ou des entreprises pour s’organiser. Ces outils nous permettent de nous organiser nous-mêmes. On peut se trouver entre gens qui partageons des intérêts similaires et se coaliser pour ou contre des causes, des idées, des valeurs, etc.

Tant nos actions que nos idées peuvent être mises en commun pour (espérons le) que la somme soit plus importante que les parties. On peut également faire un tri entre les informations qui nous intéressent et celles qui ne nous intéressent pas (avec les risques que cela comporte en termes de diversité, par contre).

Et, évidemment, nous pouvons communiquer beaucoup plus rapidement, à un plus grand public et à moindre coût que jamais auparavant. Le vieil adage Don’t pick a fight with someone who buys ink by the barrel ne tient plus. On a passablement plus à craindre de quelqu’un qui contrôle les bits que quelqu’un qui est encore dans l’industrie de l’imprimé.

Et dans ces réseaux, je le constate à tous les jours,  on trouve de tout. Du bon comme du moins bon. Mais quand c’est du bon, c’est du très bon.

Si on s’en tient à inciter les institutions à utiliser les médias sociaux sans comprendre que le pouvoir de ces médias c’est de pouvoir créer des réseaux sociaux, elles ne seront pas plus avancées.

Les médias sociaux passent. Les réseaux sociaux demeurent.

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(Conflit d’intérêt possible: J’ai été, naguère, un militant étudiant, ayant contribué à la fondation de la Fédération étudiante collégiale du Québec, je trouve les actuels leaders étudiants extrêmement inspirants et courageux et, enfin, je ne pense pas que régler le vrai problème du sous-financement de nos universités passe d’abord par augmenter la contribution des étudiants.)