Deux mois après avoir accédé à la fonction de ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau fera la lecture de son premier budget le 20 novembre prochain à l’Assemblée nationale. Ce sera seulement la 7e fois, depuis les années 50, que le budget du Québec sera présenté à l’automne.

Pourquoi ne pas attendre au printemps prochain?

L’élaboration d’un budget est un exercice de longue haleine qui est généralement précédé de consultations avec les grandes industries, les associations représentants les différents secteurs socioéconomiques et les syndicats. Depuis quelques années, les citoyens peuvent également y participer en ligne et, depuis l’an dernier, via leur téléphone intelligent.

Plusieurs justifications ont été avancées par le gouvernement pour invoquer l’urgence d’agir. Tout d’abord, il y a un manque à gagner de 1,6 milliards de dollars dans les coffres de l’État. Il est donc nécessaire de mettre en œuvre dès maintenant les dispositions qui permettront de respecter l’engagement de revenir à l’équilibre budgétaire en 2013-2014.

D’autres motivations expliquent cette exception.  Des raisons budgétaires certes mais également politiques.

Raisons budgétaires

Le ministre Marceau doit mettre en place de nouvelles sources de revenus pour concrétiser certains engagements électoraux tels que l’ajout de places dans les garderies, l’annulation de la hausse des droits de scolarité et la modification de la taxe santé. Il désire rassurer les marchés financiers et les agences de notation de crédit en démontrant qu’il garde le cap sur l’équilibre budgétaire.

Raisons politiques

Le gouvernement Marois ne souhaite pas être soumis à un vote de confiance sur le budget le printemps prochain alors que le Parti libéral du Québec aura un nouveau chef et aura, peut-être, le vent dans les voiles. Il fait le pari que les partis d’opposition ne le renverseront pas et obtient ainsi une certaine tranquillité d’esprit jusqu’à son prochain budget en 2014.

Alors que l’ancien ministre des Finances, Raymond Bachand, crie à l’improvisation car «ça prend quatre mois à préparer un budget», François Legault réclame une réduction des dépenses et des impôts de la classe moyenne.

Et les Québécoises et les Québécois dans tout ça … en sortiront-ils gagnants ou perdants?