Au sein de notre belle province, les diversités linguistiques demeurent un enjeu et parfois un frein parmi certaines perspectives de développement. Le Québec est un des seuls endroits en Amérique du Nord qui conserve les atouts de la langue française en utilisant différents moyens, telle la loi 101 qui interdit aux francophones et aux immigrants d’envoyer leurs enfants dans des écoles anglophones au niveau primaire et secondaire, mais le permet aux Canadiens anglophones. Comme le Québec constitue la principale région qui a conservé la langue française dans un continent majoritairement anglophone, l’instauration de la loi 101 est compréhensible, malgré son caractère considéré discriminatoire par certains.

Nouvellement ministre de l’Éducation, Marie Malavoy voudrait reporter le programme d’enseignement intensif soumis sous le gouvernement Charest qui consistait à condenser le curriculum de la sixième année du primaire, afin de faire la seconde moitié de l’année exclusivement en anglais. Ce projet fut adopté dans l’optique de permettre aux Québécois d’acquérir une aisance en anglais qui semble déficiente au sein de notre population. Malgré certaines réserves apparentes, 87 % des délégués présents de la Fédération des comités de parents du Québec ont voté en faveur de l’implantation de l’anglais intensif. D’un autre côté, l’Union des écrivaines et écrivains du Québec doute de la pertinence du projet considérant que des efforts majeurs pourraient être mis en place à l’école dans l’apprentissage du français (3).

L’unicité du Québec peut parfois s’avérer un couteau à double tranchant. Nous voulons performer et être en compétition avec des entreprises internationales, qui communiquent en anglais, mais en même temps, la place de cette langue anglo-saxonne au sein de notre société est ambigüe. Certes, la volonté de conserver le patrimoine québécois et francophone est également primordiale, et bien qu’il ne faudrait jamais négliger cette profonde complicité que nous avons avec les pays d’Europe où l’on s’exprime en français, il ne faudrait pas non plus que cela se fasse au détriment de celle qui nous lie aux États-Unis.

Le caractère unique du Québec est capital et nul ne devrait s’y opposer. Cependant, il ne faut pas oublier que la nation québécoise est peut-être composée de francophones et francophiles, mais aussi d’unilingues anglophones qui s’associent peut-être autant sinon plus à la mentalité et aux valeurs pan-canadiennes que simplement québécoises. En définitive, il s’agit d’une question d’équilibre où il faut tenter de trouver un juste milieu pour tous.