Il y a quelques semaines, la compagnie de sondage Nielsen a rendu public son Social Media Report pour l’année 2012. Ce document confirme ce que nous soupçonnions tous : les médias sociaux et la communication numérique sont de plus en plus présents dans nos vies. Le multitasking n’est plus limité aux heures de bureau. Les gens sont de plus en plus nombreux à laisser les médias sociaux s’immiscer dans leurs loisirs, particulièrement lorsqu’ils regardent la télévision.

Selon l’étude Nielsen, 41% des propriétaires de tablettes et 38% des utilisateurs de téléphones intelligents ont leur appareil en main lorsqu’ils sont devant le petit écran. Que font-ils? Ils magasinent en ligne, visitent Facebook ou Twitter, commentent ou font des recherches sur l’émission qu’ils regardent ou sur un produit annoncé pendant les pauses publicitaires.

Twitter s’avère  un incontournable des soirées télé pour de nombreuses personnes. Aux États-Unis, entre janvier et juin 2012, le pourcentage de téléspectateurs/twitteurs a augmenté de 27%. En juin 2012, un tiers des utilisateurs de Twitter l’utilisaient pour discuter de l’émission qu’ils regardaient avec d’autres internautes. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas les jeunes qui tweetent devant leur écran. Les adeptes du twivage (contraction de Twitter, TV et clavardage) sont en majorité âgés de 35 à 44 ans.

Le Québec n’échappe pas au phénomène. Une analyse effectuée par la firme Influence communications démontre que plus de 5% de tous les messages postés sur Twitter au Québec pendant la première de La Voix portaient sur l’émission. Le mot-clic #LaVoixTVA a été utilisé plus de 15 000 fois durant la soirée, devenant ainsi le mot-clic le plus utilisé au Canada. L’émission a bien compris l’ampleur du phénomène, en affichant à de nombreuses reprises les comptes Twitter des animateurs et des participants à l’écran et en les invitant à commenter en direct l’émission.

Les annonceurs devraient-ils se réjouir de la nouvelle tendance? Selon certains experts, la réponse est non. Selon certains d’entre eux, le twivage diminue leur attention  au lieu de faciliter l’engagement des téléspectateurs.

Cité par Buzzfeed, le Dr Clifford Nass, expert en multitasking de l’université Stanford, croit que les annonceurs, surtout, devraient se méfier de cette pratique. Selon lui, lorsque nous utilisons les médias sociaux devant la télé, notre attention se retrouve divisée, et par conséquent, nous portons moins attention aux publicités diffusées.

Dan Biddle, chargé des partenariats télévisuels chez Twitter UK, a quant à lui affirmé le contraire lors d’une conférence au MIPCOM. Il soutient que les séances de twivage sont une occasion en or pour les réseaux et leurs vedettes de mousser la popularité de leurs émissions tout en tissant des liens avec les adeptes. Il recommande de diffuser régulièrement le mot-clic associé à l’émission à l’écran et de tweeter avant, pendant et après l’émission. Des tweets pertinents et bien construits risquent même d’attirer davantage de téléspectateurs.

Appâtés par les messages des autres, nombreux sont ceux qui sont tentés de zapper à un autre réseau pour voir en direct ce dont on parle!

Que l’on soit ou non en accord avec cette pratique, elle est vraisemblablement là pour rester. Entre juin et décembre 2012, le nombre de comptes actifs est passé de 206 millions à 288 millions, faisant de Twitter l’une des plateformes de médias sociaux dont la croissance est la plus rapide.