À chaque élection, les partis politiques réussissent à attirer des personnalités connues du public pour faire le saut en politique. Ils espèrent ainsi que ces derniers deviennent des candidats vedettes de leur campagne. Mais qu’en est-il réellement? Difficile de faire des constats généraux sur la présence de candidats vedettes puisque plusieurs facteurs viennent influencer le choix des électeurs lors d’une campagne électorale. Rappelons-nous de la candidature vedette Gertrude Bourdon, gestionnaire du réseau de la santé, aux élections provinciales en 2018. Convoitée tant par la Coalition avenir Québec que par le Parti libéral du Québec, cette candidature que tous présentaient ministrable, et par surcroit, ministre de la Santé et des Services sociaux, n’a sans doute pas été à la hauteur des attentes du parti politique qui l’avait recrutée, terminant en troisième position.

L’élection d’un candidat vedette est tributaire de plusieurs éléments qu’il faut prendre en ligne de compte. La popularité du candidat est un de ses éléments, mais il n’est pas le seul à prendre en considération. La popularité du parti, la performance des chefs, les préférences et caractéristiques de l’électorat de la circonscription sont autant d’éléments qui influencent le choix des électeurs. Et comme plusieurs des candidats vedettes ont peu d’expérience en politique, la performance du candidat peut aussi grandement influencer les résultats. Enfin, les candidats vedettes sont souvent sous les projecteurs et ont moins le droit à l’erreur.

Cette campagne électorale ne diffère pas des précédentes, alors que les partis politiques présentent quelques candidats vedettes. Aux deux tiers de la présente campagne, voyons comment ces candidats se comportent en se référant au plus récent sondage.

Le Parti libéral du Canada (PLC) a recruté Steven Guilbault. Issu du milieu environnemental, fondateur d’Équiterre et personnalité publique, il est aussi bien connu pour ses prises de position publiques, notamment contre le projet de pipeline Trans Mountain. Le parti de Justin Trudeau a fait preuve d’une certaine audace en lui proposant de se présenter pour défendre les couleurs du Parti libéral dans le comté de Laurier-Sainte-Marie, particulièrement avec les positions antérieures prises par M. Guilbault. À ce jour, le mariage semble bien se dérouler et M. Guilbault est mis de l’avant dans les publicités de campagne.

Présentement les sondages indiquent que M. Guilbault est en avance. La circonscription était détenue depuis 2011 par la Hélène Laverdière du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui ne se représente pas.

Mentionnons également deux autres candidats vedettes recrutés par Justin Trudeau. Dans Brome-Missisquoi, le Parti libéral compte sur la cycliste Lyne Bessette afin de conserver cette circonscription. Mme Bessette a participé à des jeux olympiques et à plusieurs championnats du monde. Depuis 1995, trois partis se sont partagés cette circonscription. D’abord, les libéraux avec Denis Paradis, suivi du Bloc Québécois de 2006 à 2011, et enfin la vague orange a permis au NPD de détenir ce comté pour ensuite le perdre aux mains du libéral Denis Paradis qui reprenait ses fonctions de député. C’est une première expérience en politique pour Madame Bessette qui mène présentement dans les sondages.

Un troisième candidat considéré comme vedette pour le PLC est un ancien ministre provincial sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois, monsieur Réjean Hébert. M. Hébert se présente dans la circonscription de Longueuil-Saint-Hubert. Détenue présentement par Pierre Nantel, élu sous la bannière du NPD en 2015, mais qui se représente maintenant avec le Parti vert du Canada, cette circonscription n’est pas acquise pour monsieur Hébert. Le récent sondage indique une légère avance au Bloc Québécois, qui a été élu dans cette circonscription de 1994 à 2011. La popularité de monsieur Hébert lui permettra-t-elle de ravir cette circonscription?

Le Parti conservateur du Canada (PCC) n’est pas en reste pour ce qui est des candidats vedettes. Sylvie Fréchette, ancienne championne olympique en nage synchronisée, a sans doute été une des surprises de cette campagne électorale. Madame Fréchette, après son exploit olympique, avait poursuivi une carrière publique, s’associant notamment au Cirque du Soleil. Dans le cadre de la campagne du PCC on peut la voir dans de nombreuses publicités; elle incarne en quelque sorte un brin de nouveauté pour le parti. C’est dans une circonscription présentement détenue par le Bloc Québécois, Rivière-du-Nord, qu’elle a choisi de faire ses premières armes en politique. Sa popularité et le sentiment d’affection que porte la population envers elle sont des avantages, mais le sondage la place actuellement en troisième position loin derrière le meneur : le Bloc Québécois.

Deux autres candidats du PCC sont à surveiller. D’abord dans le château fort du chef du Parti populaire du Canada Maxime Bernier, les conservateurs d’Andrew Scheer ont choisi Richard Lehoux, ancien président de la Fédération québécoise des municipalités pour les représenter dans le comté de Beauce. Ce candidat vedette a été sur toutes les tribunes concernant les enjeux des municipalités et des régions. Il possède une longue expérience en politique. La lutte entre Monsieur Bernier et Monsieur Lehoux est serrée. Dans ce cas-ci, ce sont deux candidats vedettes qui s’affrontent dans un comté à dominance conservatrice. Difficile de prévoir qui en sortira gagnant!

Finalement, toujours pour les conservateurs, mentionnons la candidature d’Yves Lévesque, ancien maire de Trois-Rivières. Très connu dans sa région, celui-ci jouit d’une grande popularité puisqu’il a été élu à cinq reprises à la mairie de Trois-Rivières. Une lutte serrée se dessine dans cette circonscription entre les libéraux, les conservateurs et les bloquistes. L’élection du dernier député conservateur dans cette circonscription remonte à 1988 avec l’élection de Pierre H. Vincent. La candidature de M. Levesque fera-t-elle basculer ce comté en faveur des conservateurs?

On se donne rendez-vous le 21 octobre prochain afin de connaître comment ces candidats vedettes auront réussi à convaincre l’électorat.

Référence : Sondage Qc125.com du 7 octobre 2019