Les passionnés de politique se disent certainement la même chose que moi en ce moment : Hourra, le compte à rebours est commencé!  En effet, le gouvernement de François Legault a entrepris, le 1er octobre 2020, la 3e année de son mandat de quatre ans. Cela veut donc dire que nous sommes en année préélectorale. Ainsi, les orientations et les actions politiques commenceront à avoir une teinte de plus en plus électoraliste. Reste à voir quels seront les impacts de la pandémie de la COVID-19 dans la course vers le pouvoir des différents partis représentés à l’Assemblée nationale.

L’échéancier du prochain scrutin étant chose connue, nous savons maintenant qui sera sur les blocs de départ à l’élection générale d’octobre 2022 : quatre chefs, deux femmes et deux hommes, ayant des profils bien différents, mais étant tous déterminés à mener leur formation politique respective à la victoire.

Le tout dernier à s’être qualifié pour la prochaine course électorale au Québec est Paul St-Pierre Plamondon. Élu 10e chef du Parti Québécois (PQ) le 9 octobre dernier face à l’ancien ministre Sylvain Gaudreault, M. St-Pierre Plamondon dirige un parti souverainiste qui forme maintenant le 3e groupe d’opposition à l’Assemblée nationale avec un caucus de neuf députés. Trait typique au PQ, la course à la chefferie a été émotive et le nouveau chef devra unifier le caucus péquiste, tâche qu’il fera en tant que chef extraparlementaire. En effet, il a déclaré ne pas vouloir se faire élire d’ici la prochaine élection, se privant ainsi de la possibilité de questionner le premier ministre au Salon bleu.  Bien qu’il entende être présent dans les couloirs du parlement, M. St-Pierre Plamondon fait le pari qu’il sera plus profitable de ne pas toujours être à Québec, mais plutôt de sillonner le Québec pour mieux se faire connaître et présenter sa vision d’un Québec souverain. Des défis attendent le nouveau chef du PQ, alors que le parti est aux prises avec une dette de 2,5 M $ et que la souveraineté, est en déclin face au nationalisme pragmatique et économique de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Vient ensuite la cheffe parlementaire et co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, dont le parti forme le 2e groupe d’opposition avec ses dix députés. Réunis en conseil national virtuel en septembre, certains délégués ont critiqué le travail du caucus à l’égard du positionnement du QS dans la gestion de la COVID-19 face au gouvernement.  Alors qu’elle doit se défendre auprès de ses militants, Mme Massé devra convaincre les Québécois d’accorder leur confiance à son parti. QS est la formation politique ayant le plus reculée dans les intentions de vote depuis deux ans selon les projections de septembre de Qc125, un modèle statistique de projection électorale. En fait, l’appui des Québécois à QS a reculé de cinq points de pourcentage passant de 16 % à 11 %.

Couronnée cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) en mai dernier, Dominique Anglade, qui a été ministre dans le gouvernement de Philippe Couillard, est la toute première femme à accéder à cette fonction au PLQ. Maintenant cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, elle a la direction d’un caucus de 27 députés, dont certains anciens ministres. Elle doit avoir à l’œil l’action gouvernementale et interpeller François Legault tout en démontrant aux Québécois quelle est l’alternative, qu’elle mérite de devenir première ministre en 2022 et qu’elle prône un certain nationalisme. En dehors de l’enceinte  parlementaire, Mme Anglade doit reconstruire un parti politique qui a connu sa pire dégelée électorale depuis sa fondation en 1867. Elle a la tâche de mobiliser la base militante puisque le PLQ a été rayé de la carte dans les régions du Québec, dont des châteaux forts qui lui appartenaient depuis de nombreuses décennies et de reconquérir l’électorat francophone.

Comme le dit l’expression bien connue, « Le dernier, mais non le moindre », le chef de la CAQ et actuel premier ministre du Québec, François Legault. Il est le favori des parieurs les plus avisés comme des gérants d’estrade. Celui qui dirige le Québec depuis deux ans domine la scène politique québécoise avec un taux de satisfaction se situant aux alentours de la barre des 80 % depuis avril. Toutefois, sa gestion de la 2e vague de la pandémie est aujourd’hui une source d’insatisfaction chez bon nombre de Québécois. Un récent sondage réalisé par la firme CROP révèle que 39 %, la population se dit maintenant « peu ou pas satisfaite » comparativement à 30 % à la mi-juillet. Or, il est encore trop tôt pour en mesurer les impacts sur les intentions de vote. Se trouvant dans la pole position, M. Legault demandera aux Québécois un nouveau mandat majoritaire dans le but de lui permettre de poursuivre son travail visant à remettre de l’argent dans les poches des Québécois. C’est avec la stature d’un chef d’État, qu’il entamera la prochaine course électorale avec des appuis à travers le Québec et un bilan de réalisations dont il sera fier.

Devons-nous nous attendre à des rebondissements d’ici l’élection générale du 3 octobre 2022?  Assurément! Jeune attachée de presse, je me souviens d’avoir entendu le premier ministre Robert Bourassa dire à quelques reprises que « Six mois en politique, c’est une éternité ».